Le millésime 2025 de Critique Gastronomique réserve une belle surprise pour la Loire-Atlantique : Les Embruns décroche Mention spéciale (note 14.5/20) lors de sa première année d'éligibilité. Une promotion fulgurante qui confirme la trajectoire ascendante de Maëlys Kermarrec.
Le menu vivant comme signature
Là où d'autres maisons servent une carte figée, Les Embruns refuse la stabilité. « Le menu n'est validé que la veille, après la criée du soir », explique la cheffe. Cette discipline produit un mode opératoire singulier : pas de site avec carte permanente, juste une promesse — celle de la marée.
« Service impeccable, menu vivant, accords vins remarquables. Les Embruns installe La Turballe sur la carte gastronomique française. »
Sommellerie audacieuse
Côté cave, le sommelier Antoine Le Goff (passé par Le Petit Nice à Marseille) compose des accords qui prennent des risques calculés : un Riesling Grand Cru d'Alsace sur les huîtres, un cidre de Cornouailles fermier sur les Saint-Jacques poêlées au beurre noisette. La verticale 2018-2022 de Domaine de l'Écu (Muscadet bio en biodynamie) vaut à elle seule le détour.
L'ensemble fonctionne comme une démonstration : la haute gastronomie n'a pas besoin de Paris pour exister. Elle peut naître à 60 mètres d'un port de pêche, dans une presqu'île ventée, à condition qu'un chef y mette de la conviction. Maëlys Kermarrec en a à revendre.